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mardi 1 février 2011

Agence de presse AISG, 1er février 2011

Un ouvrage appelle à lutter autrement contre la contrefaçon sur Internet
La lutte anti-contrefaçon « se jouera moins sur des aspects matériels qu'informationnels » : c'est ce qu'affirme le consultant Eric Przyswa, animateur du site « risk05, zone à risques » dans son ouvrage « Cybercriminalité et contrefaçon », (éditions Fyp). Détaillant l'état présent de cette menace, il souligne la nécessité pour les industriels d'aboutir à « une meilleure compréhension » du phénomène et d' « avoir une démarche plus proactive sur Internet »
« Un certain nombre de facteurs laissent imaginer une croissance » de la contrefaçon sur Internet dans les années à venir, estime Eric Przyswa, citant notamment « la mondialisation des échanges » qui « continue à croître de manière importante », le fait que la Convention sur la cybercriminalité « reste peu applicable à une échelle internationale », ainsi que les « nombreuses 'failles systémiques' dont profitent avec rapidité les contrefacteurs », sans oublier le « rôle ambigu » que « conserve » la Chine dans la lutte contre le phénomène.
La situation se complexifie du fait d' un « brouillage généralisé des frontières » « entre vrais et faux produits, entre activités criminelles et non criminelles, entre expertise juridique et mission de service public,entre cybercriminalité et cyberguerre » : cette série de recoupements aboutit selon l'auteur à une « confusion généralisée des menaces » face auquel l'arsenal répressif existant, si « vaste » soit-il, paraît « ubuesque ».
« Il semble préférable de laisser aux industriels la responsabilité de s'adapter avec lucidité et rapidité aux défis d'Internet plutôt que de se lancer tête baissée dans des actions répressives », estime Eric Przyswa, jugeant que ces dernières « éludent les vrais enjeux » : « en criminalisant à outrance la contrefaçon », on « perd de vue » la nécessité pour les industriels de « lancer des initiatives qui impliqueraient aussi des adaptations stratégiques majeures ».

« EVITER LA FACILITE DU TOUT RÉPRESSIF »

Pour lutter efficacement contre la contrefaçon sur Internet, Eric Przyswa demande de « repenser les droits de la propriété intellectuelle » pour les rendre « plus flexibles ». Demandant d' « éviter la facilité du tout répressif », il souligne également la nécessité d'éviter celle du « tout libertaire » : pour lui, « une ,logique uniquement basée sur le logiciels libres ne semble pas suffisamment intégrer les effets déstabilisateurs des réseaux d'information pour les industriels ».
A cette fin, il est nécessaire selon l'auteur d' « impliquer les experts du secteur informatique, télécom, criminel dans les débats industriels sur la contrefaçon » au sein de des « centres de recherche académiques » qui pourraient aider les industriels à « se doter d'outils analytique mieux adaptés ».
Il s'agirait de « trouver des modèles hybrides mixant le virtuel et le réel » dans le cadre de « dispositifs commerciaux » qui « détourneraient les internautes des sites où ils sont habitués à se fournir en produits contrefaits » : l'auteur imagine « une déclinaison du système Opendisc, mis en place par le secteur de l'édition musicale contre le piratage de la musique, pour « d'autres secteurs créatifs », toujours avec l'objectif de « créer des liens durables avec les consommateurs ».

Matthieu Richard-Molard

« Cybercriminalité et contrefaçon », d'Eric Przyswa, éditions Fyp, collection Présence/Essai, 2010, 199 pp., 19, 50 euros, ISBN : 978-2916571478.

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