
jeudi 29 avril 2010
Technology Review : la crise des mots

mercredi 28 avril 2010
Les Nouvelles Technologies résistent à la crise mais quelques risques subsistent

Selon une étude annuelle du CREDOC, le secteur des nouvelles technologies résiste assez bien à la crise. En France, la consommation des ménages semble mieux résister qu'en Angleterre, Espagne ou Etats-Unis et les NTIC bénéficient donc de cette tendance.
Cela dit quelques risques émergent au gré du questionnaire de l'institut :
- 47% des personnes interviewées ne se sentent pas ou peu compétentes pour utiliser un ordinateur (contre 90 % de compétents pour les adolescents).
- 51 % des individus considèrent que "disposer d'Internet est important pour se sentir intégrer dans la société".
- 82 % des interviewés pensent que les réseaux sociaux devraient mieux protéger la vie privée (la protection des données personnelles est le principal frein à l'utilisation d'Internet).
- 37 % des sondés pensent que la sécurité des paiements n'est pas assurée lors d'achats sur internet.
lundi 26 avril 2010
Splendeurs et misères des réputations
Intéressante chronique du PDG de la société Spintank, sur les Les incertitudes de la distribution en ligne
Les dirigeants de plusieurs leaders de e-commerce (eBay, Amazon, Price Minister, Pixmania, les 3 Suisses et Rueducommerce) ont adressé à Joaquin Almunia, Vice-président de la Commission européenne, un courrier qui attire son attention sur les enjeux des modifications législatives en discussion à l'échelle européenne. Ces acteurs insistent notamment pour qu'il n'existe pas de discrimination entre le commerce en ligne et le commerce traditionnel. Le débat sur la distribution exclusive du secteur du luxe n'est donc pas leur seule préoccupation car les enjeux de distribution autour de l'ensemble des biens de consommation les interpellent. D'autre part selon ces dirigeants : Facebook : vers une meilleure sécurité des réseaux ?

Ce projet se caractérise par :
- Quatre fois plus de pages dédiées au sujet de sécurité.
- Des interfaces de navigation multimedia visant à informer les internautes sur les enjeux de sécurité.
Patrimoine et Internet
La Commission européenne met en place un comité des sages qui a pour objectif de formuler des recommandations pour stimuler la numérisation, l'accessibilité en ligne et la conservation des œuvres culturelles en Europe. Les sages examineront un certain nombre de projets en cours, en particulier ceux qui impliquent des partenaires publics et privés (par exemple le projet Google Books) et les problèmes de droit d'auteur afin de trouver des moyens d'accélerer la numérisation des collections complètes détenues par les bibliothèques, musées et archives en Europe.Pour constituer ce comité de réflexion, elle a fait appel au publicitaire Maurice Lévy (PDG de Publicis), à la présidente de la bibliothèque nationale d’Allemagne Elisabeth Niggemann et à l’écrivain belge Jacques De Decker. Ce comité remettra son rapport courant 2010.
Ces recommandations devront permettre à Europeana, la bibliothèque numérique européenne, de prendre une nouvelle dimension : ouvert en novembre 2008, le portail Europeana offre déjà un accès en ligne à plus de 7 millions de livres, cartes, photographies, extraits de films, peintures et extraits musicaux, mais il ne s'agit là que d'une petite partie de toutes les œuvres détenues par les institutions culturelles européennes.
Pour la Commission, l'objectif est de favoriser la mise en place de stratégies innovantes qui permettent d'accompagner le secteur culturel vers le numérique et d'assurer la pérennité d'acteurs européens par rapport à des entreprises telles que Google.
dimanche 25 avril 2010
L’UNESCO lance un Observatoire mondial de lutte contre la piraterie
A l’occasion de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur (23 avril), l’UNESCO rappelle la nécessité de protéger la créativité et de lutter efficacement contre la piraterie. Cette date marque également le début des célébrations organisées par Ljubljana (Slovénie), capitale mondiale du livre 2010.« Face aux nouvelles formes que prend le livre, face aux transformations dans sa conception, sa production et dans l’accès à son contenu, il est urgent de rappeler qu’il ne peut y avoir de développement du livre sans respect du droit d’auteur », affirme Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO, dans un message délivré à l’occasion de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur, le 23 avril. « Cela est d’autant plus vrai à l’heure où la numérisation expose encore plus le livre à des risques d’utilisation illicite », a-t-elle ajouté.
Afin de fournir des informations sur les politiques nationales contre la piraterie, l’UNESCO a créé récemment un Observatoire mondial de lutte contre la piraterie. Cette plateforme permet d’accéder gratuitement et en ligne à des informations relatives aux politiques et mesures de lutte contre la piraterie mises en œuvre par les Etats membres de l’UNESCO. « L’Observatoire comble le vide actuel en regroupant des données qui, pour la plupart, étaient jusqu’alors dispersées ou tout simplement inaccessibles », explique Petya Totcharova, responsable de l’Observatoire au sein de l’UNESCO.
L’Observatoire, qui sera actualisé régulièrement, fournit un recueil de textes législatifs sur le droit d’auteur face à la piraterie, les actualités et événements relatifs à la lutte contre la piraterie dans le monde, ainsi que des informations sur les meilleures pratiques en matière de lutte contre la piraterie. Il offre aussi des outils de sensibilisation et de renforcement des capacités librement accessibles et à télécharger gratuitement.
Cybercriminalité
La 5e conférence annuelle sur la cybercriminalité a été organisée à Strasbourg du 23 au 25 mars. La Conférence a réuni plus de 300 participants venant de 60 pays différents dont l’activité professionnelle est liée au domaine de la cybercriminalité. A cette occasion, le Conseil de l'Europe a appelé à la mise en œuvre de sa Convention sur la cybercriminalité au niveau mondial. « Le Congrès des Nations Unies contre le crime prévu en avril 2010 offrira à la communauté internationale l'occasion de renforcer la lutte contre la menace planétaire que représentent la cybercriminalité et le cyberterrorisme » a expliqué la Secrétaire Générale adjointe du Conseil de l'Europe, Maud de Boer-Buquicchio. « Nous mettrons toutes les chances de notre côté si nous nous rassemblons autour d'un instrument international déjà en vigueur : la Convention du Conseil de l'Europe sur la cybercriminalité. »Durant cette conférence le Portugal a ratifié la Convention et l’Argentine a déposé une demande d'adhésion. Les acteurs ont également insisté durant les débats sur le rapprochement entre les secteurs publics et privés de manière à protéger les droits de l'homme sur l'internet. La mise en place d'une liste de contacts destinée à renforcer la coopération entre les autorités et l'industrie a aussi été proposée.
Enfin, les participants ont demandé à l’ICANN d'accentuer le contrôle lors du processus d'enregistrement des noms de domaine afin de permettre à la fois la protection des données privées des personnes qui s’inscrivent et la possibilité pour les autorités d'utiliser la base de données pour lutter contre la cybercriminalité.
Plus d'informations sur la conférence sur le lien du Conseil de l'Europe.
samedi 24 avril 2010
Géopolitique et Nouvelles Technologies

A noter également l'organisation des World e.Gov Forum les 13, 14, 15 octobre 2010 par Acteurs Publics.
Bilan Géostratégie, Les nouveaux rapports de forces planétaires, Le Monde, 188 p., 9, 50 euros
lundi 19 avril 2010
Risk is ... Money !

Magistrat et écrivain, Jean de Maillard signe un ouvrage qui aborde le problème épineux et opaque des dérives des marchés financiers. Si les sciences de gestion ont une tradition dans la maîtrise des risques financiers, de Maillard démontre à quel point la sophistication récente des produits financiers conduit à une course en avant où la vitesse joue un rôle stratégique. Selon de Maillard la gestion du risque serait devenue une "gigantesque industrie à l'échelle de la planète (...) et sa maîtrise deviendrait l'obsession des acteurs impliqués dans la globalisation, d'autant qu'au fur et à mesure de la progression des risques on constate l'effacement des dispositifs étatiques censés les réduire. (...) La dérégulation et la déréglementation ont abouti à une situation où une grande partie du contrôle des activités économiques ont été transférées des Etats aux acteurs privés qui peuvent eux-mêmes mettre en place les règles et normes de fonctionnement de leurs marchés." Résultat : cette fragilisation de la notion de norme fragiliserait aussi le concept même de fraude qui tendrait à se diluer dans les flux des marchés. En fait le licite se mêlerait en permanence à l'illicite à des degrés divers et en fonction des opportunités du moment : "l'aptitude de l'investisseur consisterait alors à jouer des contradictions entre l'espace et le temps de la mondialisation" pour optimiser ses profits.
Plus globalement, l'auteur voit dans la fraude financière une forme de criminalité intégrée à nos systèmes politiques, économiques et sociaux qui servirait à équilibrer "les mécanismes économiques et financiers (...) comme une variable d'ajustement permanente et non plus comme une simple variable d'ajustement à la marge." Elle n'a donc plus rien à voir avec l'analyse d'une transgression sociale chère aux criminologues.
Par conséquent l'analyse de la criminalité ne devrait donc plus se faire dans la sphère policière ou judiciaire mais dans une perspective plus large. Le "caractère impersonnel" et la variété des intervenants dans le cadre de cette fraude en quelque sorte systémique rendraient l'évaluation de son risque particulièrement délicat.
Ce type d'ouvrage intègre et argumenté est suffisamment rare dans le paysage éditorial français pour être salué. La complexité du champ de recherche, la frilosité des réflexions critiques des économistes (en amont des risques financiers) ainsi que la difficulté d'accéder à certaines sources n'ont pas empêché l'auteur de conduire une analyse rigoureuse et crédible en ayant recours à des exemples variés tels que Enron ou Goldman Sachs (qui avait participé à la création de la bulle internet et est récemment revenu sous le feu de l'actualité).
Quant au concept de risque systémique abordé par Jean de Maillard dans le secteur financier, il pourrait aussi servir de réflexion à tous les acteurs concernés par les problèmes de gouvernance liés aux réseaux d'information.
L'Arnaque, la finance au-dessus des lois et des règles de Jean de Maillard, Gallimard, 308 p.,18, 50 euros
Flux créatifs
Dans ce livre ambitieux, le journaliste et chercheur Frédéric Martel se propose d'enquêter et de décrypter les industries créatives à une échelle globale. Le sujet concerne tout particulièrement le "mainstream" que Martel définit au sens de "culture pour tous" ou plus négativement de "culture hégémonique".Pourtant malgré un travail de terrain sur plusieurs continents et des entretiens avec de nombreux décideurs, les analyses apparaissent plutôt décevantes au regard des objectifs de départ.
Certes le lecteur un peu rebuté par les raisonnements académiques appréciera le ton léger et sans pathos de l'interviewer qui n'en conserve pas moins un zeste d'esprit critique face à de grosses pointures de l'entertainment, mais on ressort de la lecture un peu désorienté et sans vision stratégique claire des enjeux ni des rapports de force en cours. Comme le remarque le journaliste Thomas Sotinel dans Le Monde des livres, l'ouvrage de Martel est fortement déséquilibré notamment par le poids accordé aux Etats-Unis dans les analyses et du très relatif intérêt porté au continent européen (en particulier dans le luxe, le design, la musique électronique ou les studios d'animation ...).
On peut d'autre part s'étonner que la J-Pop japonaise très populaire dans de nombreux pays ne soit analysée que sur une quinzaine de pages. Autre absent de taille : Luc Besson qui à défaut d'avoir une forte crédibilité créative n'en a pas moins réussi à imposer son studio européen Europa Corp. sur le marché international.
Au gré de ses pérégrinations, Frédéric Martel apporte toutefois quelques informations pertinentes sur les risques potentiels dans le secteur des industries des loisirs.
- Premier constat : les droits de propriété intellectuelle ont pris une part croissante au sein des studios hollywoodiens et sont au coeur des dispositifs commerciaux notamment avec l'importance prise par les produits dérivés et les nombreuses plates-formes de diffusion. Cela dit les Américains peuvent se retrouver eux mêmes piégés par leur obsession du copyright. Ainsi les Chinois avaient peu apprécié que l'esthétique du film d'animation Kung Fu Panda soit directement inspirée d'un trésor national chinois (le panda) et de leur sport fétiche (le kung fu). Selon Martel, la stratégie américaine en Chine s'avère d'ailleurs globalement négative : son interview avec Ellen Eliasoph, juriste à la Warner en Chine, fait prendre la mesure de l'échec de cette major qui avait investi considérablement en Chine et dont le relatif échec a destabilisé la direction. D'où un repli stratégique en Inde où l'environnement pour les studios serait plus favorable.
- La contrefaçon de films, DVD et CD est un phénomène que l'auteur a observé dans plusieurs pays à des échelles importantes et notamment à Sabra et Chatila où il décrit une quasi industrie de piratage moderne qui serait en relation avec des contrefacteurs chinois . Mais il ne va pas jusqu'à valider les analyses, peu étayées, du rapport de la RAND Corporation sur les liens supposés entre terrorisme et contrefaçon de films.
Enfin en "off" des interlocuteurs lui ont par ailleurs confié que certains presseurs (chinois notamment) fabriquaient à la fois des DVD légaux et pirates. Arrêter la contrefaçon en Chine apparait en fait peu réaliste et il s'agirait davantage d'éviter dans la mesure du possible certaines situations abusives ou pour certains producteurs plus habiles de prendre en compte ce paramètre dans la promotion de lancement de certains films (par exemple le James Bond Casino Royale).
Mainstream, Enquête sur cette culture qui plaît à tout le monde de Frédéric Martel, Flammarion, 464 p., 22, 50 euros

