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dimanche 23 mai 2010

Colloque Intelligence économique (suite)

Lors de la deuxième conférence du colloque qui visait à rendre compte des meilleures pratiques dans le traitement de l'information, Véronique Mesguich, directrice de l'infothèque du Pôle Léonard de Vinci, a insisté sur les paramètres "temps réel" et "personnalisation" du traitement de l'information ainsi que sur l'importance d'une surveillance régulière de sources ciblées grâce à des agrégateurs, des logiciels ou encore des cartographies comme Touchgraph. Selon Véronique Mesguisch il est également important de savoir si l'IE est un besoin instrumental, conceptuel ou encore décisionnel car en fonction du besoin en question les outils seront différents. Cela dit il n'existe pas d'outil "idéal" et certains logiciels peuvent aussi révéler des coûts cachés dans leur paramétrage : il s'agit donc d'évaluer avec soin en amont ses instruments de veille avant de faire son choix final.
Gilles Bugada, Directeur adjoint chez Sofrecom, a mis en avant l'importance de la combinaison de trois composantes pour le développement d’une intelligence collective en entreprise :
- L’intelligence collective via des coopérations intellectuelles, une capacité collective de transformer des informations en connaissances contextualisées et prises de décision.
- Le knowledge management, à savoir la gestion du savoir et des connaissances.
- Les technologies de l’information et de la collaboration qui favorisent les flux relationnels et informationnels.
Dans le cadre d'une session sur les risques d'image, Yann Le Bel, conseiller IE auprès du Secrétaire général de la SNCF, a relaté un cas de phishing auprès de clients de la SNCF à qui un faux site proposait une mise à jour de leurs données. Face à cette situation de crise la SNCF a privilégié une communication claire et transparente par l'intermédiaire de son site. Mais dans un autre cas de situation de crise qui concernait la diffusion d'une fausse vidéo parodique de la SNCF assez violente, après réunion de différents services, la direction a fait le choix de ne pas interdire le clip en question. La décision a été prise après avis de tous les services concernés (communication, sûreté, commercial et juridique) qui ont tous eu le même poids dans leurs recommandations. Selon Yann Le Bel, il n'existe donc pas de règle absolue et il est important de ne pas réagir toujours de manière trop visible.
Stéphane Morillon, PDG de Cybion, a lui insisté sur le fait que sur internet une "minorité fait l'opinion" : 100 000 personnes produiraient 70% des contenus en particulier ceux qui appellent au boycott de certains produits. D'autre part Internet aurait un impact fort sur les comportements sociaux avec notamment un poids de l'image majeur et un rôle de l'émotionnel croissant.

Quel bilan peut-on tirer d'une telle conférence ?
Sur le plan opérationnel, il est incontestable que la gestion de l'information devient de plus en plus stratégique pour les entreprises et que ce phénomène reste sous-évalué notamment si l'on compare la cas français au cas anglo-saxon. D'autre part la démocratisation d'Internet et des moteurs de recherche tels que Google incitent les meilleures entreprises à partager et à diffuser des informations en interne. Face à l'atomisation et à la variété des menaces, il n'existe pas d'organisations miracles et encore moins de solutions standards tant les situations à risque sont variables. Ainsi que l'a précisé Stéphane Rosenwald, président du groupe IE de l'ESCP Europe : "il importe surtout de continuer à diffuser une culture de l'intelligence en entreprises". L'essentiel étant de penser l'organisation et les outils adéquats avec une adaptabilité optimale en temps réel.
Pourtant force est de constater que le concept d'Intelligence économique ne semble pas fondamentalement plus clair au terme de cette conférence malgré la bonne volonté de la plupart des intervenants. Les eléments opérationnels présentés sont apparus globalement limités au regard des défis auxquels sont confrontés de nombreuses entreprises. Enfin il manquait sans doute aussi des experts indépendants plus au fait des enjeux notamment techniques qui auraient pu remettre en cause ou mieux contextualiser certains propos d'entreprises peu contredites dans leur discours.

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