L'association Sens Public a organisé du 28 au 30 avril, un colloque nommé : "le numérique éditorial et sa gouvernance : entre savoirs et pouvoirs". Lors de la conférence d'ouverture, Jean-Louis Missika, adjoint au Maire de Paris et universitaire, a présenté sa vision des enjeux d'Internet. Selon Missika : "Internet n'incarne pas seulement une révolution technologique, mais aussi une révolution sociale, culturelle et globale équivalente à la révolution industrielle combinée à l'invention de l'imprimerie. L'architecture du réseau modifie les industries classiques et se caractérise par des effets destructeurs supérieurs aux effets constructifs du moins dans leur perception. Autre caractéristique : le changement d'échelle car de nombreuses industries créatives se caractérisaient avant l'émergence d'Internet par une économie fermée. Mais désormais les dispositifs mis en oeuvre dans une économie fermée ne peuvent plus fonctionner dans une économie ouverte. D'autre part le partage de la valeur se fait différemment car si la production de contenus se fait localement, la mise à disposition est globalisée." Enfin le sociologue a aussi précisé que le rôle du régulateur se trouve perturbé par ces changements d'échelle : "le régulateur essaie de nationaliser ce qui est international par exemple en taxant les FAI (fournisseurs d'accès internet) avec pour conséquence le risque de les affaiblir dans la compétition internationale. SFR, Orange et Free se trouveraient ainsi en position de faiblesse par rapport à un acteur tel que Google qui paradoxalement ne crée pas d'informations locales." D'autre part Internet serait, selon Missika, encore à un "stade infantile" et combinerait des phénomènes paradoxaux "d'intermédiation" et de "désintermédiation" qui rendent les analyses des enjeux en cours particulièrement complexes. A l'arrivée les industries traditionnelles sont confrontées à "la violence du changement économique" et par exemple les majors de la musique préférent assumer le risque de subir 80% de téléchargements illégaux plutôt que de remettre radicalement en cause leur modèle économique. Le point de vue de Missika sur l'industrie musicale pourrait aussi se décliner, dans une certaine mesure, à d'autres industries créatives telles que le luxe dont Internet a perturbé la problématique de distribution en faisant émerger de nouveaux risques.
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)


Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire