Pas Sage en Seine est une manifestation qui a été organisée du 14 au 16 mai à la Cantine, lieu de diffusion des cultures numériques qui a le mérite de proposer une vision souvent alternative d'Internet.
A cette occasion, Jean-Marc Manach, journaliste pour Internet Actu et blogger pour Le Monde, est intervenu dans le cadre d'une conférence nommée Anonymat, identités numériques et réseaux sociaux. Il a notamment précisé que 55 000 emails seraient piratables sur les sites officiels gouv.fr car dotés d'adresses standardisées de type yahoo.fr. Depuis le célèbre pirate Kevin Mitnick, Manach a confirmé que la plupart des techniques de piratage n'implique pas d'avoir des compétences particulières mais que ce sont les techniques de manipulation humaine qui sont souvent décisives en particulier pour récupérer des mots de passe. Le journaliste, fin observateur des dysfonctionnements du net, a également mis en relief une approche française anxiogène des menaces notamment depuis les attentats du 11 septembre. Depuis cette date l'utilisation de la cryptologie serait réservée aux activités terroristes ou de pédophilie. Quant aux Etats-Unis ils auraient, depuis cette même date, une vision décomplexée des menaces informatiques. Manach cite ainsi les modules d'autoformation fournis par la CIA ou le NSA pour la protection de l'enfance avec par exemple l'étonnant Cryptokids. Toujours selon le journaliste, on assiste à une démocratisation des moyens d'espionnage et il n'a jamais été aussi aisé de recourir à de telles techniques pour un non spécialiste en informatique. Les risques de virus existeraient aussi par la simple consultation de pages web ou lecture d'emails (même sans pièces jointes). Les parades existent et elles consistent souvent à utiliser un ordinateur neuf lors de ses déplacements avec un encryptage du disque dur et un non usage de clé USB ou de toutes données externes. Selon des sources citées par la DST, 60% de l'espionnage serait aujourd'hui à des fins économiques et 40% dans un objectif politique.
Dans une deuxième conférence au titre provocateur Hacking the law, Jérémie Zimmerman de la Quadrature du net, a insisté sur une démarche de lobbying active notamment vis-à-vis des assistants parlementaires, interlocuteurs stratégiques dans les prises de décisions. Selon Zimmerman, il est important de ne pas avoir une vision trop étroite des lois liées à Internet, souvent résumées par la célèbre formule de l'universitaire américain Lawrence Lessig "Code is law". En effet le rôle du lobbyiste qui vise à préserver les libertés individuelles dans la société de l'information, doit aussi influer sur l'ensemble des débats de société et prendre en compte la dimension interprétative des lois ainsi que le rôle des opinions publiques dans les mobilisations. Une mission que cherche à remplir le site Nosdéputés qui vise à remettre en cause les processus de décision opaques qui tendent à se dévélopper au sein des institutions.
samedi 22 mai 2010
Pas Sage en Seine 2010
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