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mercredi 4 août 2010

Pour l'amour du risque

Les Echos conférences ont organisé début juillet en partenariat avec l'association AMRAE, une journée de débats sur les risques. Thème de la conférence : "La Gestion Globale des Risques. Gouvernance, risques et compliance : quelles nouvelles responsabilités ?". Ces présentations ont été l'occasion de porter un regard neuf sur l'actualité de la gestion des risques notamment suite à la crise financière et économique de 2008. Parmi les nombreuses interventions on peut retenir quelques points clés :

--> Selon Xavier Maitrier, Associé chez PricewaterhouseCoopers, il est important d'améliorer la prise en compte formelle entre les risques et les dispositifs supposés les maîtriser car "si on connaît souvent le porteur de risques, on connait rarement la façon dont chaque risque émerge et son adéquation avec les systèmes de contrôle." Par conséquent la Direction générale ne dispose pas toujours d'une vision synthétique des systèmes de contrôle des risques notamment avec la mise en place d'alertes qui permettraient de faire remonter du terrain les informations sur les incidents les plus significatifs. Ce point de vue a été d'une certaine manière confirmé par Bénédicte de Luze, directrice scientifique de l'AMRAE, pour qui le comité d'audit reste le cadre de référence pour diffuser dans l'ensemble de l'entreprise un dispositif dynamique de la gestion des risques. Elle considère également "créer et préserver la valeur, les actifs et la réputation des entreprises" et "mobiliser les collaborateurs pour transformer les risques en opportunités" comme des objectifs stratégiques.

--> Dominique Pageaud, Responsable du département « Business Risk Services » Ernst & Young, a lui insisté sur trois éléments clés pour la prise en compte du risque : l'état d'esprit des actionnaires qui doivent être sensibilisés aux enjeux du risque, la maturité des pratiques en entreprises et le niveau de complexité des organisations. Pagaud cite aussi les résultats d'une étude conduite par l'AMRAE auprès de 356 sondés qui a permis de dégager une typologie des familles principales du risk management. Selon cette étude plus d'un quart des sondés ont une approche de la gestion des risques problématiques. En effet 18% sont qualifiés "d'urgentistes" et 8% "d'insouciants". En termes de bonnes pratiques, Dominique Pageaud a donc insisté sur la nécessité "de construire des scénarios de survenance et d'enchaînement autour des principaux risques stratégiques" et sur l'importance "de pousser les dirigeants à s'interroger sur la notion de risk appetite et de s'assurer de leur réflexion sur ce point. Sur le plan de la prise de décision, Pageaud a mis en avant les enjeux de "la cartographie des risques qui doit être finalisée avant le lancement du processus budgétaire, l'implication des opérationnels dans les facteurs de risques et l'insertion du facteur risque dans les dossiers d'investissement."Frédéric Desitter, Responsable du département management des risques et préventions Aéroports de Paris, a confirmé la dimension stratégique de la gestion des risques sur le plan opérationnel en "responsabilisant et impliquant les acteurs concernés avec une démarche marketing. (...) Mais en allant au-delà d'un processus administratif et en restant pragmatique mais aussi créatif et visionnaire tout en évitant les effets de mode sur le concept de risque."

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