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jeudi 5 août 2010

Forum Moci Intelligence des Marchés - Risques et Opportunités à l'International

Le Moci a organisé le 28 juin la première édition du Forum Moci Intelligence des Marchés - Risques et Opportunités à l'International, au Conseil économique, social et environnemental. Le programme comprenait une conférence plénière et des ateliers de travail sur les opportunités et les risques du développement international. La conférence qui abordait le thème des "marchés porteurs" a livré plusieurs témoignages d’experts et de chefs d’entreprises. Selon Donald Brasher, Président de Global Trade Information Services, Inc. (GTIS), et créateur de la base de données Global Trade Atlas (GTA) réunissant des statistiques douanières de 83 pays, les statistiques peuvent révéler de nombreuses surprises. Brasher a choisi comme exemple de démonstration les exportations françaises d’eau-de-vie (du cognac à 90 %) de 2004 à 2010 et constate que les premiers acheteurs sont les États-Unis, suivis de la Chine et de Singapour. Mais, si l’on exclut les réexportations, le troisième pays acheteur n’est plus Singapour, mais… le Vietnam. « Deux enseignements : le Vietnam est un marché très prometteur pour le cognac français et Hong Kong ou Singapour sont des plateformes de réexportation intéressantes. » « Dans dix ans, le Vietnam sera le Japon et la Chine les prochains États-Unis », a conclu Donald Brasher. Selon Thierry Apotheker, directeur du cabinet de recherche économique TAC, 10 marchés seront incontournables pour les exportateurs français en 2010-2011 : la Chine, l’Inde, l’Indonésie, la Corée du Sud, le Vietnam, le Brésil, le Mexique, l’Arabie Saoudite et la Pologne. Il souligne également l’importance croissante de marchés prometteurs, mais d’accès plus difficile en raison d’un coût du risque plus élevé : la Turquie, la Russie, l’Algérie, le Maroc, la Tunisie, Taïwan, le Qatar, les Émirats Arabes Unis, la République tchèque et la Thaïlande.» Autre facteur à risques dans la stratégie internationale : le choix du partenaire. Redex, une entreprise de taille intermédiaire spécialisée dans les machines de précision destinées à la métallurgie et la sidérurgie, est ainsi allée au Japon grâce à l’Italie, via son réseau de partenaires industriels et commerciaux. « Nous n’avions pas prévu d’aller sur le marché japonais que nous jugions trop fermé, précise son président, Bruno Grandjean. Et puis, il y a trois ans, une société d’importation japonaise a pris contact avec nous. Elle importait des machines-outils italiennes fabriquées par une entreprise qui fait partie de notre réseau. »
Exporter c’est néanmoins s’exposer au risque de la contrefaçon. Risque auquel Bruno Grandjean se dit préparé : « Nous déposons des brevets quand ils concernent des savoir-faire visibles. Quand ils sont cachés, indétectables sur les machines, nous ne le faisons pas. » Selon Bruno Grandjean être présent dans le pays est la meilleure défense anticontrefaçon mais dans certains cas il est préférable de renoncer. Florence Cane, directrice générale du groupe Yannick Alléno, entreprise qui exporte des concepts culinaires, confirme cette prudence : « Nous ne sommes pas présents en Chine, comme la majorité des cuisiniers français, car les Chinois n’ont pas la culture du respect des marques et nous risquons de nous faire voler des concepts. Nous ne sommes pas non plus sur le marché indien non parce que nous craignons la contrefaçon, mais pour des raisons culturelles : les Indiens ne mangent qu’indien. » Une occasion de rappeler l’importance de l’aspect culturel dans une stratégie export.

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