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mercredi 4 août 2010

Forum Moci Intelligence des Marchés - Risques et Opportunités à l'International (suite)

L'atelier "Protéger ses actifs stratégiques" organisé lors de ce Forum a été l'occasion de présenter quelques expériences concrètes d'acteurs impliqués sur ces enjeux. Selon Olivier Darrason, Président de la Compagnie européenne d’intelligence stratégique (CEIS) "sécuriser l'information stratégique devient un défi majeur pour les entreprises françaises qui doivent aller chercher la croissance là où elle existe alors même que le risque international est en pleine expansion." La solution ? "On peut s’associer à un tiers de confiance, à savoir un partenaire qui puisse assumer un certain nombre de risques", suggère Olivier Darrason. Ce concept a débouché sur la création, à Astana, du Centre franco-kazakhstanais pour le transfert de technologies (détenu à 49 % par la CEIS et 51 % par son partenaire local) afin de sécuriser les transferts des entreprises françaises sur le marché kazakh "dans une logique transactionnelle avec des cibles qui correspondent aux cibles stratégiques des deux États." Louis Caprioli, directeur du pôle sécurisation du développement international de Geos, précise : "Il est essentiel d 'avoir une bonne information locale en France mais aussi de faire remonter en amont des informations pertinentes du réseau car si on n’a pas maîtrisé l’ensemble des informations, c’est toute la stratégie à l’international qui peut s’écrouler. Il est donc important de développer en permanence des outils d'intelligence économique d'autant que nous sommes aujourd'hui confrontés à des risques variés : géopolitiques, criminels, terroristes ou sociaux." Louis Caprioli insiste aussi sur l'importance des audits et en particulier sur la cartographie des risques mais dans le cadre d'une veille sécuritaire il précise que le facteur humain doit rester au coeur des analyses. Franck Tognini, directeur du réseau Vigilances, a lui insisté sur les salons comme sources privilégiées d'informations après la presse et Internet. Selon Franck Tognini : "si les deux tiers des PME sont sensibilisés au risque, seulement 15 % d'entre elles dressent la liste des informations à divulguer ou non.(...) La solution passe par une participation concertée qui englobe la collecte d’informations et la protection réciproque de leurs informations stratégiques." Il cite ainsi l’exemple du Conseil général de Charente-Maritime qui a réussi à convaincre un groupe d’entreprises exportatrices concurrentes à l’origine de coopérer « autour de ce qu’elles avaient en commun ». Résultat : leur nombre est passé de 11 à 22 entre 2007 et 2009, le groupe a produit un visuel commun et a généré un chiffre d’affaires supérieur de 10 et 15 %. Cette mutualisation des risques ne doit pas faire l'impasse sur des précautions de "bon sens" lors des salons avec en particulier une gestion prudente des stagiaires et l'importance de voyager "léger" lors de ses déplacements professionnels ainsi que de disposer de PC spécifiques sur les stands. En résumé une culture de la sécurité doit se diffuser à tous les échelons de l'entreprise et il est nécessaire de hiérarchiser les risques en amont avec une réflexion collective.

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