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mardi 3 août 2010

Pour l'amour du risque (suite)

Durant la suite des débats :

--> Nadia Cote, Directeur grands comptes et international ACE Europe, a insisté sur la dimension immatérielle d'un nombre croissant de risques (réputation, règlements...) liés au contexte économique et financier (la crise des subprimes aurait participé à cette tendance).

--> Pierre Rodocanachi, membre du Conseil de surveillance de Vivendi, a lui insisté sur une perception positive des risques qui doivent aussi se concevoir en termes d'opportunités. Le groupe Vivendi a par ailleurs créé un Comité des risques rattaché au Directoire depuis 2007 qui comprend la Direction financière, la Direction de l'audit interne et la Direction juridique. Pierre Rodocanachi a énuméré l'ensemble des risques auxquels son groupe est confronté : risques juridiques car les activités de Vivendi par exemple dans le secteur des télécommunications sont sensibles aux changements de règlementations, risques liés aux litiges, risques liés aux activités du groupe (ex. la contrefaçon, l'évolution rapide de la concurrence et de la technologie), risques de fraudes, risques liés à la santé (ex. les antennes relais), risques liés à la conjoncture économique et financière... Enfin la présence de Vivendi dans plus de 80 pays implique une gestion des risques en relation avec la situation économique, politique et juridique des pays, de même que la gestion des 40 monnaies du groupe implique une prise en compte de la gestion des risques de taux de change. Face à cette multitude de risques à évaluer, le Comité des risques de Vivendi se réunit quatre fois par an et présente à cette occasion ses travaux au Comité d'audit qui les transmet à son tour au Conseil de surveillance. Mais selon Pierre Rodocanachi, il est important que le management soit aussi incité à prendre des risques. Dans cette perspective, des objectifs précis sont donc fixés à chaque manager avec des bonus, actions et stock-options qui peuvent récompenser les plus performants. Cette démarche dynamique de la gestion des risques est aussi illustrée par l'importance des acquisitions du groupe chaque année. Cela dit Rodocanachi, par ailleurs ancien chercheur au CNRS reconverti dans les affaires, vient nuancer la capacité du Due Diligence à anticiper toutes formes de risques. Les erreurs de choix stratégiques (par exemple le non rachat des PagesJaunes par Vivendi) doivent donc faire l'objet d'un retour sur expérience pour mieux évaluer les mauvaises évaluations en question.

--> De nombreux intervenants ont insisté sur l'importance des cartographies des risques à la fois comme outil pédagogique mais aussi comme vecteur de communication. Cela dit ces méthodes de cartographie présentent aussi leurs limites et ne peuvent en aucun cas se substituer à une politique générale de gestion des risques. L'importance d'une vision indépendante des risques aussi neutre que possible a été relevé ainsi que la nécessité d'impliquer tous les relais de l'entreprise pour "remonter des informations sensibles" et d'avoir une démarche créative.

Au terme de cette journée-conférence des idées stimulantes ont été émises par certains orateurs. Malgré le sérieux incontournable du concept de risque, on aurait pu  espérer qu'un brin de fantaisie vienne parfois animer l'atmosphère... Pour l'amour du risque ?

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